Marubashi-Club, Techniques
Ce sont les deux finalités de notre pratique.  En effet, notre art possède des techniques qui se terminent soit par une projection soit par une immobilisation.
Menu
Accueil
Dojo
Stages
Techniques
Déséquilibre et/ou destabilisation
Déséquilibre et/ou destabilisation
Déséquilibre et/ou destabilisation
Aïkido et ostéopathie
Travailler sans force, compte-rendu du stage de M. Endo
Techniques de maître, techniques d'élève
Techniques de l'inconnu(e), techniques inconnues
Entre-technique
Échauffement (II)
Échauffement (I)
Homonymes en aïkido
Rapport entre les mains et les pieds
Aïkido et écoute tissulaire
Cours du mercredi
Artiste ou guerrier ?
Projections et immobilisations
Un pratiquant, plusieurs arts martiaux
Un pratiquant, plusieurs arts martiaux
Un pratiquant, plusieurs arts martiaux
Un pratiquant, plusieurs arts martiaux
Grades
Multimédia
Nouveaux textes techniques
Deux nouveaux textes de Philippe

Projection / ImmobilisationCe sont les deux finalités de notre pratique. En effet, notre art possède des techniques qui se terminent soit par une projection soit par une immobilisation. Il nous a semblé intéressant de réfléchir aux différents points qui font que ces deux entités sont différentes et semblables à la fois.La première chose est l’aspect psychologique de ces fins. Une projection sera perçue par un public non averti comme une défaite, une douleur avec la sensation que l’on « doit se faire très mal ». Pour une immobilisation, ceux qui n’ont jamais pratiqué ne ressentent rien, cette notion de douleur est bien sûr ressentie par de jeunes pratiquants qui n’ont pas encore suffisamment de technique pour pouvoir accepter « cette douleur » causée par un ami, un partenaire qui est plus qualifié que lui ou par un professeur qui représente la technique idéale. Ces deux fins de techniques sont évidement perçues de façons différentes par chacun selon son physique, son âge, son expérience. Il nous semblé important de réfléchir à ces deux moments de notre pratique. Tout d’abord regardons le côté mécanique qui permet de terminer une technique par une immobilisation ou une projection. Pour nous une projection et une immobilisation ne sont qu’une seule et même technique. Une projection est une immobilisation dans laquelle, en fin de technique, on ouvre les doigts pour laisser partir uke tandis qu'une immobilisation est une projection en gardant les mains fermées sur une partie du corps de uke. Il y a ensuite, des points clé à respecter, lesquels, encore une fois, n’engagent que nous. Une projection devrait respecter ces principes : Tori doit avoir les deux mains jointes sur le même endroit du corps du partenaire. Nous entendons déjà les puristes nous dire : « mais il y a plein de projections ou les deux mains ne sont pas jointes : Kaiten nage, irimi nage, tenshi nage ». Nous répondrons qu’au cours de ces techniques les mains se rejoignent à la fin de la projection. Pour réaliser une immobilisation il est impératif que les mains soient au contact de uke, une au niveau du coude et l’autre au niveau du poignet. Il existe une exception : Nikkyo ura où le contact sur uke se fait avec les deux mains jointes au niveau du poignet mais ce n’est pas une nécessité, car on peut réaliser cette technique en prenant le contact une main au coude, une main au poignet. Une projection est une technique qui permet aux deux partenaires d’intégrer les principes suivants : pour Tori être capable de faire faire à uke un geste « acrobatique »  de haute valeur technique. Pour Uke : être capable de laisser son corps projeter par un inconnu et au moyen de ce que nous appelons chute, être capable de se relever sans traumatisme. Nous l’avons déjà écrit : quand Tori projette uke c’est dans le but de lui donner la liberté de ne pas revenir s’il n’en a pas envie. C’est pourquoi nous préconisons de ne jamais garder les mains fermées sur Uke quand il y a projection. Une projection est une immobilisation mains ouvertes ce qui implique qu’une immobilisation est une projection mains fermées au contact de Uke. Quand nous projetons uke , notre désir primaire est de le projeter le plus fort possible et sans que lui ne ressente d’agressivité ni d'anxiété. Et nous nous servons de ce jeu de mots un peu simpliste : dans projeter il y a les mêmes syllabes que protéger. Ce petit jeu de mot reste dans notre subconscient à chaque projection. Comment être « le plus efficace » et le plus enveloppant pour uke. Nous croyons fermement que projeter très fort n’est pas très grave si mentalement nous ne mettons pas de sensations négatives : haine, volonté de nuire, de prouver sa supériorité. Le corps pourra toujours trouver une explication à la violence ou à la force, en revanche la mémoire et le cerveau auront beaucoup de mal à se laver de ces mauvaises sensations. Au travers des différentes immobilisations nous avons compris qu’immobiliser un partenaire physiquement était impossible. En effet, avec deux points de contact, les mains, on ne peut pas immobiliser trois articulations ou trois segments de membres. Sinon, depuis le temps que l’homme se bat il aurait trouvé le moyen d’ôter la liberté sans d’autres moyens que son propre physique. Donc quand nous pratiquons une immobilisation nous n’empêchons pas uke de bouger mais nous, tori, nous le faisons bouger comme lui ne le veut pas : nous avons immobilisé sa liberté de bouger. Une projection c’est donner la liberté à uke de ne pas revenir et une immobilisation c’est faire bouger uke mais dans une liberté qui n’est plus la sienne.Il nous a fallu beaucoup de temps pour arriver à la perception de ces deux moyens d’expression. Mais, c’est ce qui, aujourd’hui, nous permet de continuer à avancer et non pas rester sur le premier degré de la pratique, à savoir le côté self défense et le côté : « est ce que c’est efficace ». Pour détruire, nous ne savons pas, car jamais nous n’avons eu à expérimenter cette situation. En revanche, pour construire le corps et freiner la vieillesse, nous sommes certain que la pratique quotidienne et dans un esprit d’échange et de partage est extrêmement efficace.Que nous projetions, ou immobilisions notre partenaire, mécanique-ment, il n’y a pas beaucoup de différences, mais entre une immobilisation et une projection du point de vue intellectuel il y a une immense différence. Un autre point qui nous semble important est que Tori ne doit pas « torturer » uke  mais, au fur et à mesure que Uke subit il doit, par confiance, faire comprendre à Tori jusqu’où celui-ci peut aller pour permettre à uke de progresser. Que l’on soit Uke ou Tori, la pratique doit permettre aux deux protagonistes, en même temps, de pouvoir se libérer de leurs peurs, de leurs frustrations et de s’exprimer sans retenue et sans être corrigé en permanence. Philippe Gouttard 23 Mars 2010

Techniques